Chronique Sociétale N°3-2018

Contrat Social
Chronique sociétale N°3-2018

I - L’actualité

Difficile de ne pas remarquer l’assourdissant silence de cet été français :

d’un côté, le boom démographique mondial, et le rétrécissement du monde par la technologie moderne modifient les cultures d’une façon qui menace notre qualité de vie, cependant que le réchauffement de l’atmosphère, la pollution, et l’acidification des océans menacent la vie sur terre si l’humanité – façon O.N.U.– ne s’organise pas pour tenter d’y remédier, notamment en réglementant les comportements humains.
En même temps, la Chine, le Japon, les Etats-Unis sont en conflits larvés pour la domination d’espaces océaniques riches de promesses économiques. Bien loin de rechercher des consensus, les Etats-Unis marquent leur volonté d’imposer leurs intérêts exclusifs d’une façon discrétionnaire, cependant que l’Europe découvre qu’elle doit compter sur elle-même pour se défendre, mais ne sait pas bien comment ni contre qui, tandis qu’elle tend à se morceler (Brexit, ligue du Nord,Catalogne, Flamands, Basques, Corses …).
Cependant la prolifération des armes nucléaires progresse en Corée du Nord et en Iran, tandis que les pays arabes sont en crise plus dangereusement que jamais. L’équilibre de plus en plus précaire de la terreur nucléaire se fait supplanter par les menaces fulgurantes des armes de précision par laser, électromagnétisme, drones, robots, satellites …
Et en même temps, en France, les débats politiques nous incitent à somnoler sur l’affaire Benalla, sur une dépense de € 40000 pour faire une piscine à Brégançon, sur la démission de M. Hulot, sur la pertinence d’évoquer la psychologie gauloise des Français, sur l’installation, il y a quelques années, de mezzanines dans les locaux de Mme Nyssen, sur les frustrations de M. Mélenchon .

Cet été a donc été calme, comme à la Belle époque qui précéda la 1ère tentative de suicide de l’Europe, et le millésime 2018 s’annonce superbe en Champagne, Bourgogne, et Bordelais.... !

Notons seulement, pour Contrat Social, qu’il importe de remarquer la réémergence de la question des retraites, justement l’un de nos sujets de réflexions au cours le l’année qui vient...

II - Les échanges au sein de Contrat Social au cours du semestre

On les classera en trois grandes rubriques :

1/ les questions de société : l’éducation, du primaire aux universités, la question des inégalités, et les attitudes devant l’euthanasie ou la violence)

2/ La géopolitique: réflexions sur l’Europe, la Chine, l’Allemagne, et l’immigration;

3/ Les changements techniques : l’intelligence artificielle, les nouvelles formes de financement, et surtout le débat énergétique .

1/ Questions de société

a) L’éducation des jeunes enfants

Ce n’est pas la première fois que ce sujet est évoqué, sous différents angles. Ici, il fait l’objet d’un extrait de Pierre Cabon à partir de trois articles du journal Le Monde. Le message central est l’importance du travail d’équipe et de la communication « horizontale » (entre élèves, par opposition à la communication « verticale » de maître à élève). On note en même temps la soif de savoir des jeunes Africains, qu’ils soient immigrés, ou qu’ils restent dans leur pays.

En vérité, cette communication entre élèves a toujours existé, de même qu’il a toujours existé des professeurs nuls et ennuyeux à côté de merveilleux pédagogues éveilleurs de conscience... On peut, en revanche, s’interroger sur la productivité des gourous de la pédagogie, surtout soucieux du « gouvernement des âmes » (comme du temps de la querelle entre jésuites et jansénistes....).

b) L’entrée à l’université

Tous les bacheliers ayant en principe le droit à rentrer dans l’université de leur choix, les universités ayant des capacités d’accueil limitées, et le nombre de titulaires du baccalauréat augmentant sans cesse, on se trouve devant une équation sans solution. Il faut donc modifier quelque part les données du problème. Deux extraits suggèrent pour cela quelques pistes moins stupides que le tirage au sort des admis... Aucune n’est vraiment séduisante, certaines (augmenter la taille des universités : mais alors, pourquoi en 1968 avoir découpé la Sorbonne en 12 établissements indépendants , qui parviennent parfois à se grouper deux à deux ? ) n’ayant aucun rapport avec la difficulté à résoudre...
La solution ne pourra venir que d’un processus de sélection. De ce point de vue, les « grandes écoles » si décriées soient-elles, ont au moins un avantage : l’éventail des établissements possibles est si grand que, quelle que soit l’école dans laquelle on entre, et si loin qu’elle soit des ambitions initiales, il en existe toujours au moins une autre encore moins bien cotée à laquelle on a échappé... On donne ainsi aux candidats la possibilité de ne pas perdre la face dès le début de leur carrière...

c) L’euthanasie

à quoi cela sert-il de vieillir, et en quoi est-ce utile ? Cette question fait l’objet d’un court article de François Xavier Albouy dans le bulletin d’un réseau sur « l’économie internationale de la longévité », proposé par Didier Bressard. Trop court pour traiter correctement le sujet, ce « papier » au moins pose le problème auquel aucun d’entre nous ne peut échapper....Il est clair que Contrat Social en particulier sera
bien forcé d’y songer lorsqu’il faudra faire des recommandations en matière d’aide aux personnes âgées...

d) Les inégalités et les évolutions de la société en France

La question des inégalités empoisonne la vie sociale. Ici aussi, il est impossible d’y échapper. Trois extraits de Pierre Cabon abordent le problème :

- Un article de Marcel Gauchet sur « la fin de la domination masculine » paru dans le débat de juin 2018, qui montre que les femmes sont souvent plus performantes que les hommes dans beaucoup de domaines supposés « masculins », alors même qu’elles accèdent rarement aux postes de direction.

- Un autre (dans la même revue) de Martin Dekeyser sur « la montée de l’immaturité masculine », qui explique que les jeunes gens passent maintenant bien plus de temps à jouer aux jeux vidéo qu’à pratiquer des activités susceptibles de les socialiser.

-Mais surtout un long document de France Stratégie (le nouveau nom du commissariat au Plan) sur les perceptions des Français en ce qui concerne non seulement les inégalités de revenu, mais aussi les chances d’ascension sociale, les rapports entre les jeunes et les vieux, les régions, etc..

L’idée est aussi de vérifier par des chiffres la réalité des phénomènes perçus, et de proposer des remèdes possibles. Au fil des chapitres, on voit ainsi que, dans l’entreprise, la recherche du compromis a laissé place à la défiance, les administrations ne parviennent pas à répondre aux attentes des usagers, l’école est en difficulté, soumise à des objectifs contradictoires, le doute s’est installé vis-à-vis des institutions de solidarité, la capacité de l’état à assurer la sécurité n’est plus crédible....

Ce rapport de France Stratégie, en fait, mérite d’être lu « dans la majesté du texte » par tous les membres de contrat social, parce que le projet des auteurs consiste justement à rechercher les bases d’un nouveau « contrat social » entre les Français... C’est exactement notre projet !

Les remèdes envisagés sont sans doute assez insuffisants: éviter la technocratie, la dérive clientéliste, l’impasse identitaire ... construire les institutions d’une société d’individus, faire renaître le collectif à partir des liens de proximité...Ce n’est pas tellement nouveau!. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, plus bas dans cette chronique, et dans l’avenir.

2/ La géopolitique

a) L’Europe

Un extrait d’un rapport de la fondation Robert Schumann se penche sur les forces et les faiblesses de l’Europe : une économie qui marche bien, mais un scepticisme général vis-à-vis des institutions européennes, et pas de défense commune... Rien de très original dans ce document...

b) Les déplacements de population : Chine, Allemagne, Afrique, et le reste...

Un ensemble d’extraits jette une nouvelle lumière, moins sur l’immigration, au sens étroit, que sur les déplacements de populations à travers le monde.

The Economist propose un raccourci fascinant sur l’évolution de la société chinoise. à la suite des décisions du Parti d’autoriser sans formalités excessives les voyages et surtout les séjours à l’étranger, elle s’oriente vers la mondialisation et une forme d’ « américanisation ». Il en résulte, à l’intérieur de la Chine, l’émergence d’une classe moyenne de type « occidental », et, à l’extérieur, le développement de « colonies chinoises » dans de multiples endroits du monde... et cela, en dépit de la « reprise en main » décidée par les autorités...

Un autre extrait de The Economist s’intéresse aux « nouveaux Allemands » issus de l’immigration, qui peinent à s’insérer dans la vieille Allemagne, en dépit de la politique accueillante de Mme Merkel. En vérité, les déboires de l’Allemagne vus par ce document ne sont pas dus uniquement à l’immigration : un trop grand conservatisme industriel joue un certain rôle dans la perte de moral des cadres allemands, et ce phénomène est indépendant des immigrés. Mais ces derniers posent tout de même un vrai problème d’identité nationale, lorsque près d’un allemand sur quatre possède des ancêtres extra-germaniques. En outre, les immigrés, souvent pauvres et mal intégrés, sont tentés par les délits qui créent l’insécurité, surtout lorsqu’ils sont montés en épingle. La prospérité de l’extrême droite qui en résulte est réellement préoccupante...

Les pays en développement, et spécialement l’Afrique, sont à l’origine de cette vague d’immigrants qui inonde l’Allemagne, mais aussi toute l’Europe (et même les états-Unis, quoique d’une autre façon). Un extrait d’un livre de Stephen Smith sous- titré la jeune Afrique en route vers le vieux continent apporte quelques matériaux pour la réflexion sur ce sujet. La démographie constitue le coeur du problème, puisque la fécondité dans ce continent est extrême, cependant que la mortalité diminue significativement. Ceci a pour effet de supprimer l’influence des anciens sur les jeunes, en même temps que de diminuer la quantité par tête de ressources naturelles. Faut-il regretter tout de même une approche assez malthusienne du problème ? Malthus avait les mêmes craintes pour l’Angleterre de 1800, et conseillait de laisser crever les pauvres le plus vite possible afin d’abréger leurs souffrances...L’Angleterre s’en est sortie grâce au progrès technique, sans devoir abandonner complètement l’état providence.
Enfin, un dernier extrait sur le sujet vient d’un livre intitulé Immigration de François Héran, démographe et professeur au Collège de France. Document de référence en matière de données sur le phénomène en France, ce livre se borne à constater que l’immigration est un fait avec lequel il faut vivre, ce qui condamne beaucoup des politiques visant à l’empêcher, et devrait au contraire nous inciter à rechercher les moyens d’en tirer le meilleur parti possible, en particulier en intégrant les immigrés dans la société française.

Reste que cette intégration n’est pas simple, en particulier parce que les malheureux migrants, eux-mêmes, tentent trop souvent, dans les pays d’accueil, à substituer les moeurs communautaires à l’origine de leurs malheurs à la démocratie au nom de laquelle ils sont reçus. Faudrait-il aider les états dont ils sont issus à devenir démocratiques ? Et comment sans risquer le néo-colonialisme ?

3/ Les changements dans les techniques

a) Les mutations du capitalisme contemporain

Un extrait de cinq articles (quatre de The Economist, un du Figaro) attire l’attention sur les changements qui se font jour dans le capitalisme contemporain :

D’abord, les modes de financement: Naguère, une entreprise un peu importante se finançait en vendant des titres de propriété en bourse. Le cours de l’action était alors une (bonne) mesure de la confiance que le marché accordait aux dirigeants. De nos jours, le passage par la bourse se fait moins important, de grandes banques ou des « gestionnaires d’actifs » remplaçant les « petits porteurs ». Même les actionnaires « familiaux » perdent de leur importance, au moins en France. Il est trop tôt pour porter un jugement sur les conséquences de cette évolution : regrettable recul de la démocratie dû à la perte de « transparence » ? Avantages d’un traitement de l’information plus efficace par des professionnels, ou confiscation du pouvoir par un petit groupe irresponsable ? Le fait en tout cas mérite d’être noté, car il témoigne d’un changement profond des techniques financières.

Ensuite, une évolution se dessine aux états-Unis : les patrons, dans l’ensemble sont favorables au Président Trump et à sa politique économique. Mais quel en sera l’effet à long terme ? Ici encore, la question reste ouverte.

Enfin, un changement se ferait jour dans les politiques des multinationales : moins d’investissements à l’étranger, plus d’attention portée aux marchés intérieurs, moins dangereux et finalement aussi rentables. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour les pays en voie de développement ?

Toutes ces questions restent sans réponse sûres. Elles témoignent cependant d’une profonde mutation du capitalisme contemporain, mutation dont il est indispensable de comprendre la logique et les conséquences pour envisager une quelconque démarche prospective.

b) L’énergie

Bien évidemment, plus encore que les méthodes de financement, la façon de produire de l’énergie est au coeur de toute démarche prospective. Un long extrait de The Economist aborde cette question: Il y a un renouveau des hydrocarbures depuis que les états Unis peuvent se procurer du gaz de schiste, ce qui modifie leurs rapports avec l’Arabie Séoudite (sans parler du Vénézuéla!). Mais il est aussi clair qu’il faut trouver des alternatives aux hydrocarbures pour contenir le réchauffement climatique. L’article salue les efforts de la Chine dans ce domaine, tandis que la catastrophe de Fukushima n’a pas arrangé les affaires du nucléaire.

Il est dommage que ce texte soit finalement peu novateur, et surtout, rempli de confusions: en particulier, il ne distingue pas l’énergie primaire (hydrocarbures, nucléaire, panneaux solaires, éoliennes, biomasse) de la façon dont elle est utilisée (carburants liquides, électricité, etc..). Par ailleurs, si le réchauffement climatique est un phénomène indiscutable qui dure depuis 20 000 ans, l’ampleur de la contribution des émissions anthropiques de gaz à effet de serre à l’intensification de ce phénomène reste un sujet de discussion. De ce point de vue, il faut bien dire que les débats sur le sujet sont plus marqués par le pathos que par le logos pour reprendre le mot du professeur Héran : en particulier, il est sûr que l’évolution du climat s’en inversée plusieurs fois au cours de la préhistoire, des périodes chaudes succédant à des ages glaciaires, et vice versa mais on ignore précisément pourquoi et comment : ce serait pourtant un gros progrès des modèles climatiques de l’expliquer...

c) L’intelligence artificielle

Les progrès de l’informatique, dus à l’accroissement de la puissance des machines et à leur miniaturisation, ainsi qu’à la variété des logiciels et à l’abaissement des coûts, continuent à poser de vrais problèmes de société. Aussi bien, un groupe de travail sur le sujet avait été lancé il y a quelque temps au sein de Contrat Social . Deux extraits relancent cette question ce trimestre.

Le premier est un article de The Economist qui s’efforce de cerner les effets de l’intelligence artificielle (un nouveau nom pour l’informatique de pointe !) sur les postes de travail et sur l’économie mondiale dans son ensemble. Il est évident qu’ils seront grands, en même temps qu’ambivalents (d’où la référence à Janus). Ce fut aussi le cas lorsque la découverte de la métallurgie permit de se passer de la taille des silex (aussi bien, une activité très dangereuse, susceptible d’entraîner des silicoses, et qui, à ce titre, aurait dû être sévèrement réprimée!). Le mot « intelligence artificielle » fait peur aux naïfs, qui y voient aussitôt l’ombre de « Big Brother ». Mais il faut bien se rendre compte de ce que le « machine learning » par lequel on apprend aux robots à bien se comporter est similaire dans son principe au dressage d’un chien ou d’un cheval: une punition si l’animal fait « mal », une récompense s’il fait « bien »... Ce n’est donc pas tellement nouveau, et pas plus dangereux qu’autre chose...

La question de savoir quelle pourra être l’effet de ces techniques sur l’industrie française est le sujet du second extrait, celui d’un rapport de Cédric Villani, brillant mathématicien et député, rédigé au nom d’une mission parlementaire pour le Premier ministre. Il propose une stratégie pour la France en matière d’intelligence artificielle. Comme le note Pierre Cabon, ce texte est assez décevant, « plein de voeux pieux sans suggestions pratiques ». La recherche française est excellente, mais ses travaux ne sont pas utilisés par les entreprises.... C’est une vieille antienne, qui faisait déjà la colonne vertébrale du « plan calcul » du Général de Gaulle.... La stratégie de Cédric Villani aura-t-elle plus de succès que celle du Général de Gaulle ?

III- Les discussions internes à CS

Cette rubrique a pour but de donner la parole aux membres de Contrat Social. Il ne s'agira évidemment que de lancer discussions à partir de contributions spontanées provenant des rédacteurs de la Chronique et/ou des membres. Il s'agira d'opinions personnelles, respectant nos critères déontologiques que le bureau a charge de faire respecter.

Cette fois-ci, nous paraphrasons la parole de Pierre Cabon, qui nous livre une série de réflexions à propos d’abord du document de France Stratégie cité plus haut, puis (et surtout) de ce qui devait être le coeur de Contrat Social : l’accompagnement

En ce qui concerne le document de France Stratégie, son analyse est plus fouillée que précédemment, à la lumière d’autres contributions comme celle de Brice Teinturier, l’un des dirigeants d’IPSOS. Il stigmatise à nouveau une société trop cloisonnée, et trop figée (le passage sur les inconvénients des promotions à l’ancienneté est un morceau d’anthologie ! ), dans un monde redevenu dangereux ( en dépit de l’inévitable mondialisation ! ), où l’Europe, si souhaitable qu’elle soit, est incapable de jouer son rôle dans le cadre institutionnel actuel. Il faut donc réécrire le contrat social, ce qui pourrait se faire justement, autour de l’ « accompagnement ».

L’accompagnement, en effet, serait de nature à résoudre beaucoup des problèmes de l’ « l’état providence », en créant des liens personnels entre les « aidants » et les « aidés ». Faute de moyens, le système bureaucratique actuel est incapable de le faire, alors même que l’on sait bien que de tels liens sont de nature à démultiplier l’efficacité de l’aide. Pierre Cabon en donne pour preuve son expérience personnelle de contrôleur judiciaire bénévole au Tribunal de Grande Instance de Paris : elle montre à l’évidence que quelques modestes subventions à des associations de bénévoles permettraient d’éviter l’incarcération de nombreux détenus pour le plus grand bénéfice commun des intéressés (dont les chances de réinsertion se verraient augmentées) et de l’administration (qui ne pourrait plus être critiquée pour son incapacité à fournir des conditions de détention dignes d’un pays civilisé).

Ce travail de Pierre Cabon n’a pas fait l’objet de commentaires sur le site internet de Contrat Social depuis sa publication. C’est largement dommage, car il aurait mérité quelques remarques, en particulier de la part des membres du groupe de travail sur l’accompagnement.... L’effet des vacances ? En tout cas, nous en parlerons lors de notre prochain déjeuner le 18 septembre (ainsi que des retraites).

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