21-70 Villani

21 – 70 Une stratégie pour la France en matière d’intelligence artificielle. Rapport rédigé sous la conduite de Cédric Villani. Mars 2018, 31 pages. Ce thème a récemment fait l’objet d’extraits mais ceux-ci, tiré de The Economist, se situaient au plan international. Les présents extraits parlent de la France. Le texte, intéressant dans ses premières pages, m’a paru bien creux à partir de son milieu. Plein de vœux pieux sans suggestions pratiques.

L’intelligence artificielle (IA) dispose pour se développer d’une combinaison exceptionnelle d’atouts : coûts de l’informatique en baisse constante, accumulation de données et capacités accrues de leur stockage, méthodes de traitements de plus en plus élaborées (cf le deep learning, défini dans les extraits ci-joints). La valeur des applications IA va passer, dans le monde, de moins de 1 milliard $ par an à plusieurs dizaines de milliards. C’est toute la société qui va se transformer et, par exemple, le transport en commun, la santé, l’architecture ou le droit. Et l’emploi : très nombreux sont les emplois qui vont être touchés (le rapport n’a pas trouvé de prévisions fiables du nombre d’emplois affectés) ce qui doit conduire à instaurer des possibilités de formation tout au long de la vie et à utiliser largement l’enseignement en ligne.  Maints pays et notamment la Chine, dressent des plans pour favoriser et organiser les développements dus à l’IA.

La France dispose d’atouts dans ce domaine, en particulier une recherche de niveau élevé. Mais elle n’a pas de firmes telles que celles du GAFA ou de leurs équivalentes chinoises qui disposent de ces masses de données — le carburant — nécessaires pour faire avancer la plupart des applications. L’IA française, fait comprendre ce rapport, est donc en situation de faiblesse. Elle se développe dans le secteur public mais pas assez dans le monde privé. Nos entreprises industrielles, les plus grandes comprises, ne sont pas assez engagées dans la recherche IA. Le but du rapport est de définir une stratégie nationale coordonnant les différents acteurs du secteur et favorisant la mise en exploitation par des entreprises de découvertes réalisées par une multitude de cellules de recherche. D’où l’importance des « intégrateurs » et des plateformes qui réunissent chercheurs et personnes chargées de mises en œuvre. Réel problème : maints chercheurs de haut niveau, ayant trouvé des postes attrayants à l’étranger, quittent notre pays. Par ailleurs la formation, trop centrée sur l’Ile de France, ne combine pas assez élévation du niveau technique et compétences en sciences humaines alors que l’emploi de l’IA doit user de ces deux capacités. En dépit de ces faiblesses le rapport propose que la France affirme une volonté de leadership dans ce domaine, se manifestant, au premier chef, par une plus grande compétitivité de nos entreprises : soutenir la recherche en amont et favoriser les transferts vers l’industrie.

Bien que ce rapport soit inquiétant et décevant je crois qu’il faut en lire les extraits. Ne devons-nous pas nous familiariser avec cette IA dont le patron de Google nous dit qu’elle sera aussi importante pour l’humanité que l’électricité le fut ?

 

21-70 Villani


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