Introduction à l’intervention de Pascal Bouchard au déjeuner du 9 février 2018

Pascal Bouchard est membre de Contrat Social depuis l’origine. Agrégé et docteur ès lettre, il y a réalisé il y a une dizaine d’année avec Pierre Cabon une étude sur le système éducatif. Son parcours original l’a conduit à passer de la situation d’enseignant à celle de créateur et d’animateur d’un site web journalistique professionnel (« TouEduc ») entièrement consacré à l’éducation. C’est même le seul site de ce type (http://www.touteduc.fr).

Curieux de la terre, de l’air et des humains, Pascal ne se contente pas de regarder, il veut éprouver, et il a traduit régulièrement en ouvrages ses expériences et réflexions. En dépit de leurs titres, ce ne sont pas des ouvrages savants. Pascal est un auteur. Recommandons pour son originalité « L’anti-manuel d’orthographe », (Victoire Editions 2008).

Sa dernière production, « Ce que vivre m’a appris », porte un sous-titre un brin provocant :« Eloge de la médiocrité, du politiquement correct et de la bien-pensance » (Editions Fabert 2017). Position discutable et faisant réagir. Mais dont les thèmes sont bien en phase avec l’actualité de la société dans laquelle nous vivons, avec la nature de son « contrat ».

Il s’agit d’un exercice que tout « honnête homme » pourrait faire à l’orée de la vieillesse, mais que peu font. Pascal l’a fait avec un bonheur de ton et de formulation qui le rend plaisant.

Cet ouvrage ne parle pas d’éducation. Il l’explique comme suit : « La publication de ce livre est intervenue alors que j’étais parvenu aux deux-tiers de ma vie (66 ans) et que l’ensemble de mes réflexions, sur l’éducation évidemment, mais aussi sur l’écologie, la religion, le travail, le « politiquement correct », etc. commençaient à faire système.

Le travail continue, je publie en automne prochain un tout petit ouvrage au titre très long, «Augustin (saint-) et moi, fantaisie métaphysique suivie d’une Modeste proposition pour refondre la politique» et je commence à élaborer un «traité de philosophie relative ».

En matière d’éducation, qui est son domaine de compétence reconnu et sur lequel nous l’interrogerons aussi, Pascal précise que « son travail commence avec une interrogation, pourquoi est-il si difficile de réformer l’Education nationale ? ».

« J’ai été enseignant, et j’avais un regard très critique sur les réformes et les pédagogues. Puis j’ai été journaliste, spécialiste des questions d’éducation, et je n’en finis pas de m’étonner de la différence de perception due à un changement de point de vue. L’Ecole vue de la classe n’a rien de commune avec l’Ecole vue en surplomb, comme la voit un journaliste, un expert, un politique. 

J’ai isolé trois causes de cette résistance au changement, psychologique, institutionnelle, politique. J’ai défini deux principes qui facilitent le changement, l’économie de moyens institutionnels et la liberté sous réserve qu’elle soit argumentée. Mais reste entière la question de la relation de l’Ecole à la société civile. 

D’où une nouvelle réflexion sur la société civile organisée au niveau des bassins de vie (de travail, de formation)… . D’où aussi une réflexion sur la nécessité et la difficulté d’un renouveau démocratique, dans une société où se multiplient les formes de religiosité (au-delà des religions).

Et une conviction, ce qui permettra de transcender cette dispersion des citoyens d’une même société, ce sont des structures qui permettront de rêver ensemble l’avenir, car ce qui distingue l’homme de l’animal, c’est le « Il était une fois... » (ou « il sera une fois… »), c’est à dire la capacité à partager des imaginations. »

 

J.-C. Angoulvant - 01/02/2018


© 2017 contrat-social.com   Mentions légales