21 — Innovations technologiques et évolutions de la société 21.0 Propos de ce chapitre Notre site < contrat-social.com > cherche à mettre en évidence les blocages de la société française et à en déceler les causes ; certaines sont, à nos yeux, insuffisamme nt mises en lumière. Nous croyons, notamment, qu’une grande partie de ces blocages est due aux rémanences d’un modèle spécifiquement français. Nous examinons ici des innovations technologiques typiques de notre époque pour souligner des évolutions de la société qu’elles favorisent et qui accentuent l’obsolescence du « modèle français ».
Voici moins de dix ans, certains doutaient encore que les matériels et services informat iques ou de télécommunication pouvaient avoir des effets économiques et sociétaux sensibles. Puis les technologies de l’information ont manifesté des progrès si patents qu’ils ont généré non seulement investissements massifs mais enthousiasmes, exubérance et, finalement, dérapages. De surcroît, les professionnels ont rencontré des difficultés techniques qu’ils avaient sous-estimées et, surtout, une adaptation des usagers qui, pour rapide qu’elle ait été, a tout de même pris plus de temps qu’ils ne l’avaient prédit ; le vent de folies est retombé.
Mais toute découverte majeure n’a-t-elle p as connu ces phases oò elle semble être en échec ? On pourra se reporter au graphique 1 qui figure à la fin du chapitre. Une tendance de long terme est en tout cas patente : entre1990 et2000, dans les pays de l’OCDE, la valeur de l’alimentation consommée a baissé de 10 %, celle des communications — matériels et services — a progressé de 50 % — voir le graphique 2. Une autre économie, oò la concurrence est forte, se met en place ; une autre géographie aussi dans laquelle les frontières s’estompent, oò l’Asie et le Pacif i-que concurrencent l’Europe et l’Atlantique ; d’autres formes de société surtout oò l’ingénieur et l’usine ont moins de poids que le « commercial » et le service, oò les individus reliés entre eux par des réseaux sont plus autonomes et moins soumis à ces hiérarchies que notre modèle valorisait, oò la force physique a un rôle désormais limité et oò prime l’éducation ; oò les femmes et les jeunes tiennent une plus grande place.
Notre site ne méconnaît pas les progrès de la biologie, de la génét ique ou des nanotechnologies, mais il s’est limité au domaine des communications (téléphone mobile, internet et mu l timédias) que les animateurs du site connaissent le mieux.
Corps du texte 21.1La téléphonie portable page2 21.2 Internet et la circulation des informations page4 21.3 Les multimédias au-delà de la crise page8 21.4 Les innovations et le modèle français page10 Graphiques page12 Table des matières page15

21. 1 La téléphonie portable Si, dans les années soixante, la voiture et le téléviseur ont permis à des millions de personnes de découvrir de nouveaux horizons, internet et le téléphone portable sont les innovations typiques de ces dernières années. Le portable illustre bien les tendances de notre temps :
une diffusion massive et mondiale, notamment auprès des jeunes des villes : 1,5milliard de portables en service à la fin de 2004 dont plus de 300millions en Chine ; plus de 300milliards de $ de chiffre d’affaires annuel dans le monde ;

des avancées technologiques répétées qui ont permis aux appareils de recevoir la radio ou des photos (et d’en prendre) comme de recevoir des messages écrits courts (1milliard de Satellite Multiservice for Mobile, SMS, par jour de par le monde) ; 70 % des portables vendus en 2004 ont un écran couleur ; 44 % ont une caméra incorporée ; des opérateurs proposent l’accès à des jeux ou aux informations de la météo, du trafic routier ou de la bourse et, au début de 2005, à des émissions télévisées ; les portables sont devenus des micro-PC qui communiquent.

211. 1 Révolution chez les opérateurs téléphoniques Le nombre d’appareils portables dépassant désormais celui des postes de téléphone fixes, le transport de la voix par ces derniers est aujourd’hui une activité en déclin. Chez France Télécom les divisions initial es — téléphonie fixe et portable — ont fait place à deux départements : clientèle privée et d’entreprises. En effet, si le téléphone fixe, avec ses lourds réseaux câblés, était celui des « monopoles naturels » et nationaux, dans la téléphonie mobile de nou veaux entrants, de nationalités diverses, sont, au premier chef, des commerçants agressifs. Le nombre d’opérateurs téléphoniques dans la zone OCDE est passé d’une trentaine à près de 100 et les nouveaux ont rap idement conquis la moitié du marché environ. Même phénomène pour internet : France Télécom (Wanadoo), par exemple, contrôlait, à l’automne 2004, moins de la moitié du trafic haut débit.
Après avoir été acheminée par la radio (et les portables) la voix commence à l’être par internet grâce à des logici els (internet protocol ou IP) qui numérisent et compressent puis décompressent les messages. On s’attend à ce qu’une partie du trafic, celui des entreprises notamment, suive cette route. IP encourage les sociétés qui gèrent des réseaux câblés pour acheminer les programmes de télévision à se lancer dans la vente de services téléphoniques. La concurrence est donc féroce.
Lorsqu’ils étaient en position de monopole, les opérateurs de téléphone fixe, n’avaient guère à se soucier du contenu des messages acheminéset les ingénieurs des télécommunications géraient leurs systèmes. Dès les années quatre-vingt, les Américains suivis par les Anglais avaient introduit la concurrence dans la téléphonie fixe ; elle règne complètement dans le secteur des portables. Le numé ro d’appel du portable ne correspond plus à un lieu mais à une personne dont les opérateurs doivent s’attacher la clientèleen lui proposant des services alléchants ; la croissance des ventes dépend de l’offre de nouveaux services. « En dix ans, nous sommes passés d’une entr e-prise mono produit et mono service à une entreprise multiproduits et multiservices dans lesquels l’aspect commercial est essentiel. » (1) Le passage d’un univers de techniciens à un monde commercial a été laborieux. Après les emballements vinrent les déceptions. En Europe notamment oò la première technologie de transmission par la voie des ondes, le Global System for Mobile (GSM), avait fait merveille, les opérateurs ont parié gros sur une mise au point rapide d’une seconde technologie dite Universal Mobile Telecommunication System (UMTS) ; dès 2001, ils ont investi plus de 100milliards ¤ dans les seules acquisitions de licences délivrées par des gouvernements avides et, pour ce faire, se sont endettés, souvent lourdement ; or, ce n’est qu’en 2004 que l’UMTSaura commencé à être mise en œuvre. L’Europe qui avait fort bien joué la première manche des portables, celle du GSM, dont des firmes comme Nokia, Ericsson ou Alcatel avaient tiré parti, a perdu une bonne part de son avance.
Tablant sur une mise en œuvre rapide de l’UMTS, les opérateurs européens ont voulu sortir du cadre national qui était le leur depuis l’origine pour devenir internationaux. Ils ont, pour ce faire, procédé à des acquisitions à des prix qui, concurrence aidant, ont été élevés. Vodafone a payé plus de 2000 ¤ pour chaque abonné téléphonique de l’allemand Mannesman. Les six plus grands opérateurs européens ont, en2001 et2002, enregistré des pertes cumulées de plus de 85milliards ¤, dues à la dépréciation des participations acquises à prix d’or. Lorsque le règl e-ment s’était fait en actions il n’y eut que demi-mal : on avait payé cher avec une monnaie surévaluée. France Télécom, elle, a commis une erreur liée à la position de l’État dans son capital ; elle a payé en argent : nouveau facteur d’endettement. Booming en 2000, le prix des actions des opérateurs téléphoniques a connu ensuite des chutes allant de 75 à 90 %. Voir le graphique 3.
Jamais dans le monde, n’avaient été mises en jeu des sommes aussi considérables — 250milliards de $ — sur une technologie nouvelle. Des politiques très dures — réductions d’effectifs, cessions de participations — ont été mises en œuvre par les opérateurs, non sans résu ltats, pour redresser les marges et réduire les dettes tout en acquérant la totalité du capital de leur filiale de téléphonie mobile. Du côté des fabricants d’équipements téléphoniques ou de portables, les péripéties n’ont pas manqué non plus

211. 2 De nouveaux fabricants Deux phénomènes ont bouleversé l’univers des fabricants de matériels téléphoniques. D’une par t, le face à face qui existait généralement, dans chaque pays, entre l’opérateur unique et son fourni sseur national privilégié a été rompu ; d’autre part, on a vu la succession d’optimisme et de difficultés qui s’est manifestée chez des opérateurs qui découvraient la compétition. Ces opérateurs ont fortement augmenté puis réduit leurs commandes d’équipements (centraux téléphoniques, lignes etc.). Les ventes et les résultats de ceux qui construisent ces derniers, comme Alcatel ou le canadien Nortel, après avoir bondi, se sont effondrés. La capitalisation de Nortel est passée de 400milliards de $ à l’été 2000 à 3milliards deux ans plus tard.
En ce qui concerne les appareils portables, on pouvait s’attendre à ce que des firmes jap onaises deviennent les championnes de ce produit électronique de grande consommation. Qui 1Thierry Breton, Pd G de France Télécom, interview au Monde, 14 septembre 2004.
aurait prédit qu’un conglomérat finlandais, Nokia, partant d’une base modeste, deviendrait le premier constructeur mondial de portables (et par ricochet de caméras et de petits PC..), dét enant p lus de 30 % du marché — graphique 4 ? Qu’une autre partie de la fabrication serait ass urée par des firmes comme les taïwanaises BenQ, Arima ou Compal ? Les opérateurs téléphon iques font construire les petits appareils dans les pays qui disposent des facteu rs les plus favorables tandis que des firmes établies comme Philips ou Alcatel ont cessé de fabriquer des portables. Les Chinois du continent, eux aussi et avec la puissance qui peut être la leur, après avoir simpl e-ment manufacturé des appareils, apprennent à les concevoir et à les vendre sous leur marque.
21. 2 Internet et la circulation des informations Moins de sept ans après le lancement commercial d’internet, la moitié des Américains était connectée. Il avait fallu plusieurs générations pour que l’auto mobile connaisse une telle diffusion et une génération pour le PC. Dans le monde, le temps n’est pas éloigné oò un milliard de personnes seront connectées à internet. En France près de la moitié des ménages possède un ordin ateur et un tiers est connecté à internet. (1) Cette dernière proportion atteint les trois quarts chez les moins de 25 ans et chez les diplômés de l’enseignement supérieur.
La pénétration d’internet a été facilitée par la baisse du prix de vente des matériels et des communications que les progrès des technologies ne suffisent pas à expliquer.

212. 1 Progrès techniques et baisse des coôts Trois phénomènes se combinent. Primo, des progrès techniques permettent des baisses spectaculaires du prix de revient de certains composants, telles les mémoires informatiques — graphique 5 — ou de certaines prestations. Si la célèbre loi de Moore en vertu de laquelle les perfo rmances des microprocesseurs doublaient tous les dix-huit mois a dô être amendée, on parle désormais de vingt-quatre mois — graphique 6 — la tendance n’en reste pas moins remarquable.
Toutefois, le lyrisme qui a célébré la « nouvelle économie » ne doit pas faire oublier que les systèmes informatiques exigent des logiciels complexes, des matériels de plus en plus pui ssants pour exploiter ces logiciels, des réorganisations dans les entreprises et des changements de pratique chez les usagers. Les puces sont produites en série et à bas prix mais les réorganisations, relevant du cousu main, sont onéreuses et leur succès est loin d’être gar anti. Il faut donc du temps et beaucoup d’investissements pour que les progrès techniques génèrent une plus value économique.
Secundo, et on voit bien là le caractère cumulatif de ces phénomènes, il faut que le volume des ventes de matériels atteigne un niveau suffisant pour que les fabricants mettent en route de nouveaux processus de production plus efficaces. Progrès de la productivité surtout et, à un moindre degré, délocalisations : entre2002 et2003 les effectifs employés par les industries électron iques et informatiques elles-mêmes ont, aux USA, en dépit de leur croissance, diminué de plus de 20 %.
1Sondage C SA, février 2004.
Tertio, les monopoles ayant disparu, les « portables », qu’il s’agisse de téléphones ou de PC, sont désormais en vente via internet ou dans les supermarchés ; du coup, la baisse des coôts de fabrication se traduit bien par une diminution du prix de vente à l’utilisateur. Cette dernière facilite la diffusion des innovations qui deviennent accessibles au plus grand nombre. Le tél é-phone illustre la tendance de la phase économique dans laquelle nous sommes : le consommateur profite des évolutions ; le producteur — de matériels ou de services — doit s’adapter.
Certes, sur certains marchés la compétition est devenue quasiment belliqueuse et elle est souvent crit iquée, non sans arguments parfois. Mais l’économie de marché ne favorise-t-elle le dynamisme que les systèmes à monopoles découragent ? « L’idée schumpetérienne de destruction créatrice explique une large part du phénomène de croissance de la productivité : toute innovation accélère l’obsolescence des technologies existantes [..] et contribue à augmenter les inégalités entre ceux qui s’adaptent au progrès technique et ceux qui ne suivent pas ; en particulier elle tend à creuser les écarts de revenus entre travail qualifié et non qualifié. » (1) Nous revenons plus loin sur ce dernier point. Finalement, le très bas coôt de la communication — l’appel téléphonique de trois minutes entre New York et Londres était 150 fois moins cher en 2000 qu’en 1960 (2) — la rapidité et la commodité d’internet ont donné naissance à de nouvelles prestations mais, plus important peut-être, internet aura permis de rénover la fabrication comme la vente.

212. 2 Internet engendre d’autres façons de vendre Certaines prestations ont con nu des progressions exponentielles à partir, il est vrai, de chiffres modestes. Au stade du détail, globalement, les ventes réalisées via internet ne représentent encore qu’un faible pourcentage de l’activité commerciale : moins de 2 % aux États-Unis en 2003 mais, fait significatif, cette année-là, les ventes de fin d’exercice ont été en progrès de 35 % sur celles de l’année précédente. Lorsqu’il s’agit de marchandises dont la valeur est faible par rapport à leur volume, les coôts de livraison mangent les marges lorsque celles-ci sont réduites, ce qui est le cas de l’essentiel des produits alimentaires. Facturer les frais de livraison circonscrit la clie ntèle. Il en va autrement lorsque la commande porte soit sur un objet compact et cher au kilo — un livre ou un ordinateur par exemple. La vente via internet est facilitée par l’existence de profe ssionnels de la livraison et du paiement sécurisé par carte bancaire.
La prestation de service, telle la commande d’un voyage, se prête encore mieux à l’offre sur int ernet qui permet de mettre à la disposition du client un vrai catalogue illustré. Une seule firme américaine a vendu en 2003 des voyages d’une valeur de 10milliards de $ et certains est i-ment que la vente de voyages par internet va, aux USA, passer de 20 à 50 % du marché. (3) En France, dès aujourd’hui, plus du quart des voyages hors des frontières est vendu par ce canal. Les activités financières, elles aussi, se prêtent aux transactions sur le net : manifestation d’une déc i- 1Philippe Aghion et Elie Cohen, É ducation et croissance, Conseil d’analyse économique, La Documen tation française, 2004.
2Jean Boissonnat, Commentaire, été 2003.
3 The Economist, A survey of e-commerce, 15 mai 2004.
sion, débit ou crédit d’un compte et, s’agissant d’opérations sur valeurs mobilières, livraison des titres : le cycle complet peut être informatisé.
Le commerce des biens d’occasion fleurit grâce aux « moteurs de recherche », tel Google, qui permettent d’identifier les détenteurs du bie recherché. Des transactions de plus de 24milliards de $ ont été réalisées sur internet en 2003 via la firme e. Bay qui est implantée dans une trentaine de pays dont la France et la Chine oò elle est devenue le premier site internet commercial. D’une manière générale, les secteurs sont de plus en plus nombreux oò la vente impose d’avoir un site internet, forme contemporaine de la traditionnelle vitrine commerciale.
Comme toute mise en place d’innovations, le commerce via internet ne va pas sans risques ni délais. Une firme chevronnée comme Bertelsmann aura perdu près d’un milliard ¤ en voulant lancer des centrales d’achat de livres et de disques. Amazon aura mis des années à atteindre 5milliards de $ de ventes — livres et disques surtout — et, enfin, un résultat positif (comme un grand indice de satisfaction de ses clients). Maintes prestations sont tributaires de l’équipement et des liaisons dont les usagers disposent. Le nombre d’abonnés disposant de lignes à grande capacité s’accroissant certaines prestations qui, diffusant des images ou de la musique, ont besoin de cette capacité ont pu décoller. Mais, tant que ces seuils n’ont pas été atteints, maintes sociétés de ce secteur, après avoir bénéficié d’un fort engouement en 1999-2000, ont connu bien des difficultés.
Internet sera également de plus en plus présent dans le domaine médical. Le nombre de patients grandit qui consultent internet — 70millions d’Américains en 2002 — pour mieux comprendre leur pathologie ou les remèdes qu’on leur dispense. Par ailleurs, France et Grande-Bretagne ont décidé de créer un dossier médical informatisé pour chaque patient, consultable via internet. Quoiqu’en pensent de nombreux sceptiques, la maîtrise des coôts de santé suppose en effet qu’existent de tels outils de gestion (voir le chapitre 34 de notre site).
Internet a modifié l’économie d’une autre manière, moins voyante mais aussi décisive sans doute. Jusqu’aux années soixante, une large part de la croissance économique a résulté de produ ctions de masse. À partir de 1990, la production en série à la demande — termes jusque-là contradictoires — s’est, grâce à internet, développée.

212. 3 Internet : d’autres façons de produire Qu’ont en commun les ordinateurs de Dell, les voitures de BMW, les jeans de Levi Strauss ou les poupées Barbie ? C’est le fait qu’une fraction croissante de ces produits est mise en fabrication non pas a priori mais au vu de la commande d’un client.

2123. 1 La production de série à la demande De nouveaux processus sont entièrement pilotés par l’informatique à partir de l’ordre du client et de ses spécifications ; dans certains cas c’est le client lui-même qui, via internet, adresse sa commande au fabricant.
Dell est devenu le premier constructeur de PC au monde devançant Compaq et écrasant I BM ou Apple. Il est aujourd’hui, en réalité, le seul producteur vraiment rentable. La supériorité de Dell ne tient pas à sa technologie mais à cette organisation qui lui permet d’offrir 10000 configurations d’ordinateur différentes sans générer de stocks avec les superficies de stockage qu’ils exigent et les invendus ruineux qu’ils provo quent. 60 % des BMW vendues en Europe seraient fabriquées à la demande bien que, dans ce cas, les délais resteraient longs entre la prise de commande et la livraison.
L’autre avantage de ces processus est qu’ils laissent des traces. La relation du vendeur avec l’acheteur d’un produit standard entreposé dans un rayon et payant en espèces à la caisse est fu-gace ; sur internet l’acheteur est identifié. On tend à le fidéliser en lui demandant ce qu’il veut précisément — modèle, couleur, taille. En enregistrant ces données on simplifiera la passation d’une commande ultérieure. Ces informations peuvent, aussi, être traitées par des spécialistes pour préparer des actions commerciales ciblant des acheteurs potentiels réunissant certaines caractéristiques.

2123. 2 La fabrication passe au second rang Internet modifie en profondeur toute la chaîne qui va du client final au producteur et aux fourni sseurs de ce dernier. Les grands producteurs intègrent dans leurs chaînes de traitement les catalogues électroniques de leur s fournisseurs pour sélectionner plus aisément les plus performants et leur passer commande. C’est la totalité de ses relations avec ses fournisseurs que la première chaîne de supermarchés au monde, l’américain Wal-Mart, conduit via le net. À lui seul Wal-Mart achète à la Chine plus que toute la Grande-Bretagne. (1) Ces possibilités poussent les producteurs à se concentrer sur leurs fonctions clefs — conce ption des produits, vente et financements — pour déléguer la fabrication d’éléments du produit. « Ce ne sont pas les coôts, ce n’est pas la qualité qui sont primordiaux mais l’adéquation des produits à la demande des clients qui compte » dit Carlos Ghosn patron de Nissan et bientôt de Renault, qui a obtenu la meilleure rentabilité de l’industrie automobile. (2)

2123. 3 Internet et les délocalisations Si, dans des domaines aussi différents que le matériel électroménager, les ordinateurs ou les jouets, l’Asie du Sud-Est est devenue à la fois un fournisseur essentiel de composants et un asse mbleur de produits finis dont d ’autres composants lui sont livrés, elle le d
 
21 - innovations technologiques et evolutions de la societe 21.0 propos de ce chapitre notre site < contrat-social.com > cherche a mettre en evidence les blocages de la societe francaise et a en deceler les causes; certaines sont, a nos yeux, insuffisamme nt mises en lumiere. nous croyons, notamment, qu'une grande partie de ces blocages est due aux remanences d'un modele specifiquement francais. nous examinons ici des innovations technologiques typiques de notre epoque pour souligner des evolutions de la societe qu'elles favorisent et qui accentuent l'obsolescence du "modele francais".
voici moins de dix ans, certains doutaient encore que les materiels et services informat iques ou de telecommunication pouvaient avoir des effets economiques et societaux sensibles. puis les technologies de l'information ont manifeste des progres si patents qu'ils ont genere non seulement investissements massifs mais enthousiasmes, exuberance et, finalement, derapages. de surcroit, les professionnels ont rencontre des difficultes techniques qu'ils avaient sous-estimees et, surtout, une adaptation des usagers qui, pour rapide qu'elle ait ete, a tout de meme pris plus de temps qu'ils ne l'avaient predit; le vent de folies est retombe.
mais toute decouverte majeure n'a-t-elle p as connu ces phases ou elle semble etre en echec? on pourra se reporter au graphique 1 qui figure a la fin du chapitre. une tendance de long terme est en tout cas patente: entre1990 et2000, dans les pays de l'ocde, la valeur de l'alimentation consommee a baisse de 10 %, celle des communications - materiels et services - a progresse de 50 % - voir le graphique 2. une autre economie, ou la concurrence est forte, se met en place; une autre geographie aussi dans laquelle les frontieres s'estompent, ou l'asie et le pacif i-que concurrencent l'europe et l'atlantique; d'autres formes de societe surtout ou l'ingenieur et l'usine ont moins de poids que le "commercial" et le service, ou les individus relies entre eux par des reseaux sont plus autonomes et moins soumis a ces hierarchies que notre modele valorisait, ou la force physique a un role desormais limite et ou prime l'education; ou les femmes et les jeunes tiennent une plus grande place.
notre site ne meconnait pas les progres de la biologie, de la genet ique ou des nanotechnologies, mais il s'est limite au domaine des communications (telephone mobile, internet et mu l timedias) que les animateurs du site connaissent le mieux.
corps du texte 21.1la telephonie portable page2 21.2 internet et la circulation des informations page4 21.3 les multimedias au-dela de la crise page8 21.4 les innovations et le modele francais page10 graphiques page12 table des matieres page15

21. 1 la telephonie portable si, dans les annees soixante, la voiture et le televiseur ont permis a des millions de personnes de decouvrir de nouveaux horizons, internet et le telephone portable sont les innovations typiques de ces dernieres annees. le portable illustre bien les tendances de notre temps:
une diffusion massive et mondiale, notamment aupres des jeunes des villes: 1,5milliard de portables en service a la fin de 2004 dont plus de 300millions en chine; plus de 300milliards de $ de chiffre d'affaires annuel dans le monde;

des avancees technologiques repetees qui ont permis aux appareils de recevoir la radio ou des photos (et d'en prendre) comme de recevoir des messages ecrits courts (1milliard de satellite multiservice for mobile, sms, par jour de par le monde); 70 % des portables vendus en 2004 ont un ecran couleur; 44 % ont une camera incorporee; des operateurs proposent l'acces a des jeux ou aux informations de la meteo, du trafic routier ou de la bourse et, au debut de 2005, a des emissions televisees; les portables sont devenus des micro-pc qui communiquent.

211. 1 revolution chez les operateurs telephoniques le nombre d'appareils portables depassant desormais celui des postes de telephone fixes, le transport de la voix par ces derniers est aujourd'hui une activite en declin. chez france telecom les divisions initial es - telephonie fixe et portable - ont fait place a deux departements: clientele privee et d'entreprises. en effet, si le telephone fixe, avec ses lourds reseaux cables, etait celui des "monopoles naturels" et nationaux, dans la telephonie mobile de nou veaux entrants, de nationalites diverses, sont, au premier chef, des commercants agressifs. le nombre d'operateurs telephoniques dans la zone ocde est passe d'une trentaine a pres de 100 et les nouveaux ont rap idement conquis la moitie du marche environ. meme phenomene pour internet: france telecom (wanadoo), par exemple, controlait, a l'automne 2004, moins de la moitie du trafic haut debit.
apres avoir ete acheminee par la radio (et les portables) la voix commence a l'etre par internet grace a des logici els (internet protocol ou ip) qui numerisent et compressent puis decompressent les messages. on s'attend a ce qu'une partie du trafic, celui des entreprises notamment, suive cette route. ip encourage les societes qui gerent des reseaux cables pour acheminer les programmes de television a se lancer dans la vente de services telephoniques. la concurrence est donc feroce.
lorsqu'ils etaient en position de monopole, les operateurs de telephone fixe, n'avaient guere a se soucier du contenu des messages achemineset les ingenieurs des telecommunications geraient leurs systemes. des les annees quatre-vingt, les americains suivis par les anglais avaient introduit la concurrence dans la telephonie fixe; elle regne completement dans le secteur des portables. le nume ro d'appel du portable ne correspond plus a un lieu mais a une personne dont les operateurs doivent s'attacher la clienteleen lui proposant des services allechants; la croissance des ventes depend de l'offre de nouveaux services. "en dix ans, nous sommes passes d'une entr e-prise mono produit et mono service a une entreprise multiproduits et multiservices dans lesquels l'aspect commercial est essentiel." (1) le passage d'un univers de techniciens a un monde commercial a ete laborieux. apres les emballements vinrent les deceptions. en europe notamment ou la premiere technologie de transmission par la voie des ondes, le global system for mobile (gsm), avait fait merveille, les operateurs ont parie gros sur une mise au point rapide d'une seconde technologie dite universal mobile telecommunication system (umts); des 2001, ils ont investi plus de 100milliards ¤ dans les seules acquisitions de licences delivrees par des gouvernements avides et, pour ce faire, se sont endettes, souvent lourdement; or, ce n'est qu'en 2004 que l'umtsaura commence a etre mise en oeuvre. l'europe qui avait fort bien joue la premiere manche des portables, celle du gsm, dont des firmes comme nokia, ericsson ou alcatel avaient tire parti, a perdu une bonne part de son avance.
tablant sur une mise en oeuvre rapide de l'umts, les operateurs europeens ont voulu sortir du cadre national qui etait le leur depuis l'origine pour devenir internationaux. ils ont, pour ce faire, procede a des acquisitions a des prix qui, concurrence aidant, ont ete eleves. vodafone a paye plus de 2000 ¤ pour chaque abonne telephonique de l'allemand mannesman. les six plus grands operateurs europeens ont, en2001 et2002, enregistre des pertes cumulees de plus de 85milliards ¤, dues a la depreciation des participations acquises a prix d'or. lorsque le regl e-ment s'etait fait en actions il n'y eut que demi-mal: on avait paye cher avec une monnaie surevaluee. france telecom, elle, a commis une erreur liee a la position de l'etat dans son capital; elle a paye en argent: nouveau facteur d'endettement. booming en 2000, le prix des actions des operateurs telephoniques a connu ensuite des chutes allant de 75 a 90 %. voir le graphique 3.
jamais dans le monde, n'avaient ete mises en jeu des sommes aussi considerables - 250milliards de $ - sur une technologie nouvelle. des politiques tres dures - reductions d'effectifs, cessions de participations - ont ete mises en oeuvre par les operateurs, non sans resu ltats, pour redresser les marges et reduire les dettes tout en acquerant la totalite du capital de leur filiale de telephonie mobile. du cote des fabricants d'equipements telephoniques ou de portables, les peripeties n'ont pas manque non plus

211. 2 de nouveaux fabricants deux phenomenes ont bouleverse l'univers des fabricants de materiels telephoniques. d'une par t, le face a face qui existait generalement, dans chaque pays, entre l'operateur unique et son fourni sseur national privilegie a ete rompu; d'autre part, on a vu la succession d'optimisme et de difficultes qui s'est manifestee chez des operateurs qui decouvraient la competition. ces operateurs ont fortement augmente puis reduit leurs commandes d'equipements (centraux telephoniques, lignes etc.). les ventes et les resultats de ceux qui construisent ces derniers, comme alcatel ou le canadien nortel, apres avoir bondi, se sont effondres. la capitalisation de nortel est passee de 400milliards de $ a l'ete 2000 a 3milliards deux ans plus tard.
en ce qui concerne les appareils portables, on pouvait s'attendre a ce que des firmes jap onaises deviennent les championnes de ce produit electronique de grande consommation. qui 1thierry breton, pd g de france telecom, interview au monde, 14 septembre 2004.
aurait predit qu'un conglomerat finlandais, nokia, partant d'une base modeste, deviendrait le premier constructeur mondial de portables (et par ricochet de cameras et de petits pc..), det enant p lus de 30 % du marche - graphique 4? qu'une autre partie de la fabrication serait ass uree par des firmes comme les taiwanaises benq, arima ou compal? les operateurs telephon iques font construire les petits appareils dans les pays qui disposent des facteu rs les plus favorables tandis que des firmes etablies comme philips ou alcatel ont cesse de fabriquer des portables. les chinois du continent, eux aussi et avec la puissance qui peut etre la leur, apres avoir simpl e-ment manufacture des appareils, apprennent a les concevoir et a les vendre sous leur marque.
21. 2 internet et la circulation des informations moins de sept ans apres le lancement commercial d'internet, la moitie des americains etait connectee. il avait fallu plusieurs generations pour que l'auto mobile connaisse une telle diffusion et une generation pour le pc. dans le monde, le temps n'est pas eloigne ou un milliard de personnes seront connectees a internet. en france pres de la moitie des menages possede un ordin ateur et un tiers est connecte a internet. (1) cette derniere proportion atteint les trois quarts chez les moins de 25 ans et chez les diplomes de l'enseignement superieur.
la penetration d'internet a ete facilitee par la baisse du prix de vente des materiels et des communications que les progres des technologies ne suffisent pas a expliquer.

212. 1 progres techniques et baisse des couts trois phenomenes se combinent. primo, des progres techniques permettent des baisses spectaculaires du prix de revient de certains composants, telles les memoires informatiques - graphique 5 - ou de certaines prestations. si la celebre loi de moore en vertu de laquelle les perfo rmances des microprocesseurs doublaient tous les dix-huit mois a du etre amendee, on parle desormais de vingt-quatre mois - graphique 6 - la tendance n'en reste pas moins remarquable.
toutefois, le lyrisme qui a celebre la "nouvelle economie" ne doit pas faire oublier que les systemes informatiques exigent des logiciels complexes, des materiels de plus en plus pui ssants pour exploiter ces logiciels, des reorganisations dans les entreprises et des changements de pratique chez les usagers. les puces sont produites en serie et a bas prix mais les reorganisations, relevant du cousu main, sont onereuses et leur succes est loin d'etre gar anti. il faut donc du temps et beaucoup d'investissements pour que les progres techniques generent une plus value economique.
secundo, et on voit bien la le caractere cumulatif de ces phenomenes, il faut que le volume des ventes de materiels atteigne un niveau suffisant pour que les fabricants mettent en route de nouveaux processus de production plus efficaces. progres de la productivite surtout et, a un moindre degre, delocalisations: entre2002 et2003 les effectifs employes par les industries electron iques et informatiques elles-memes ont, aux usa, en depit de leur croissance, diminue de plus de 20 %.
1sondage c sa, fevrier 2004.
tertio, les monopoles ayant disparu, les "portables", qu'il s'agisse de telephones ou de pc, sont desormais en vente via internet ou dans les supermarches; du coup, la baisse des couts de fabrication se traduit bien par une diminution du prix de vente a l'utilisateur. cette derniere facilite la diffusion des innovations qui deviennent accessibles au plus grand nombre. le tel e-phone illustre la tendance de la phase economique dans laquelle nous sommes: le consommateur profite des evolutions; le producteur - de materiels ou de services - doit s'adapter.
certes, sur certains marches la competition est devenue quasiment belliqueuse et elle est souvent crit iquee, non sans arguments parfois. mais l'economie de marche ne favorise-t-elle le dynamisme que les systemes a monopoles decouragent? "l'idee schumpeterienne de destruction creatrice explique une large part du phenomene de croissance de la productivite: toute innovation accelere l'obsolescence des technologies existantes [..] et contribue a augmenter les inegalites entre ceux qui s'adaptent au progres technique et ceux qui ne suivent pas; en particulier elle tend a creuser les ecarts de revenus entre travail qualifie et non qualifie." (1) nous revenons plus loin sur ce dernier point. finalement, le tres bas cout de la communication - l'appel telephonique de trois minutes entre new york et londres etait 150 fois moins cher en 2000 qu'en 1960 (2) - la rapidite et la commodite d'internet ont donne naissance a de nouvelles prestations mais, plus important peut-etre, internet aura permis de renover la fabrication comme la vente.

212. 2 internet engendre d'autres facons de vendre certaines prestations ont con nu des progressions exponentielles a partir, il est vrai, de chiffres modestes. au stade du detail, globalement, les ventes realisees via internet ne representent encore qu'un faible pourcentage de l'activite commerciale: moins de 2 % aux etats-unis en 2003 mais, fait significatif, cette annee-la, les ventes de fin d'exercice ont ete en progres de 35 % sur celles de l'annee precedente. lorsqu'il s'agit de marchandises dont la valeur est faible par rapport a leur volume, les couts de livraison mangent les marges lorsque celles-ci sont reduites, ce qui est le cas de l'essentiel des produits alimentaires. facturer les frais de livraison circonscrit la clie ntele. il en va autrement lorsque la commande porte soit sur un objet compact et cher au kilo - un livre ou un ordinateur par exemple. la vente via internet est facilitee par l'existence de profe ssionnels de la livraison et du paiement securise par carte bancaire.
la prestation de service, telle la commande d'un voyage, se prete encore mieux a l'offre sur int ernet qui permet de mettre a la disposition du client un vrai catalogue illustre. une seule firme americaine a vendu en 2003 des voyages d'une valeur de 10milliards de $ et certains est i-ment que la vente de voyages par internet va, aux usa, passer de 20 a 50 % du marche. (3) en france, des aujourd'hui, plus du quart des voyages hors des frontieres est vendu par ce canal. les activites financieres, elles aussi, se pretent aux transactions sur le net: manifestation d'une dec i- 1philippe aghion et elie cohen, e ducation et croissance, conseil d'analyse economique, la documen tation francaise, 2004.
2jean boissonnat, commentaire, ete 2003.
3 the economist, a survey of e-commerce, 15 mai 2004.
sion, debit ou credit d'un compte et, s'agissant d'operations sur valeurs mobilieres, livraison des titres: le cycle complet peut etre informatise.
le commerce des biens d'occasion fleurit grace aux "moteurs de recherche", tel google, qui permettent d'identifier les detenteurs du bie recherche. des transactions de plus de 24milliards de $ ont ete realisees sur internet en 2003 via la firme e. bay qui est implantee dans une trentaine de pays dont la france et la chine ou elle est devenue le premier site internet commercial. d'une maniere generale, les secteurs sont de plus en plus nombreux ou la vente impose d'avoir un site internet, forme contemporaine de la traditionnelle vitrine commerciale.
comme toute mise en place d'innovations, le commerce via internet ne va pas sans risques ni delais. une firme chevronnee comme bertelsmann aura perdu pres d'un milliard ¤ en voulant lancer des centrales d'achat de livres et de disques. amazon aura mis des annees a atteindre 5milliards de $ de ventes - livres et disques surtout - et, enfin, un resultat positif (comme un grand indice de satisfaction de ses clients). maintes prestations sont tributaires de l'equipement et des liaisons dont les usagers disposent. le nombre d'abonnes disposant de lignes a grande capacite s'accroissant certaines prestations qui, diffusant des images ou de la musique, ont besoin de cette capacite ont pu decoller. mais, tant que ces seuils n'ont pas ete atteints, maintes societes de ce secteur, apres avoir beneficie d'un fort engouement en 1999-2000, ont connu bien des difficultes.
internet sera egalement de plus en plus present dans le domaine medical. le nombre de patients grandit qui consultent internet - 70millions d'americains en 2002 - pour mieux comprendre leur pathologie ou les remedes qu'on leur dispense. par ailleurs, france et grande-bretagne ont decide de creer un dossier medical informatise pour chaque patient, consultable via internet. quoiqu'en pensent de nombreux sceptiques, la maitrise des couts de sante suppose en effet qu'existent de tels outils de gestion (voir le chapitre 34 de notre site).
internet a modifie l'economie d'une autre maniere, moins voyante mais aussi decisive sans doute. jusqu'aux annees soixante, une large part de la croissance economique a resulte de produ ctions de masse. a partir de 1990, la production en serie a la demande - termes jusque-la contradictoires - s'est, grace a internet, developpee.

212. 3 internet: d'autres facons de produire qu'ont en commun les ordinateurs de dell, les voitures de bmw, les jeans de levi strauss ou les poupees barbie? c'est le fait qu'une fraction croissante de ces produits est mise en fabrication non pas a priori mais au vu de la commande d'un client.

2123. 1 la production de serie a la demande de nouveaux processus sont entierement pilotes par l'informatique a partir de l'ordre du client et de ses specifications; dans certains cas c'est le client lui-meme qui, via internet, adresse sa commande au fabricant.
dell est devenu le premier constructeur de pc au monde devancant compaq et ecrasant i bm ou apple. il est aujourd'hui, en realite, le seul producteur vraiment rentable. la superiorite de dell ne tient pas a sa technologie mais a cette organisation qui lui permet d'offrir 10000 configurations d'ordinateur differentes sans generer de stocks avec les superficies de stockage qu'ils exigent et les invendus ruineux qu'ils provo quent. 60 % des bmw vendues en europe seraient fabriquees a la demande bien que, dans ce cas, les delais resteraient longs entre la prise de commande et la livraison.
l'autre avantage de ces processus est qu'ils laissent des traces. la relation du vendeur avec l'acheteur d'un produit standard entrepose dans un rayon et payant en especes a la caisse est fu-gace; sur internet l'acheteur est identifie. on tend a le fideliser en lui demandant ce qu'il veut precisement - modele, couleur, taille. en enregistrant ces donnees on simplifiera la passation d'une commande ulterieure. ces informations peuvent, aussi, etre traitees par des specialistes pour preparer des actions commerciales ciblant des acheteurs potentiels reunissant certaines caracteristiques.

2123. 2 la fabrication passe au second rang internet modifie en profondeur toute la chaine qui va du client final au producteur et aux fourni sseurs de ce dernier. les grands producteurs integrent dans leurs chaines de traitement les catalogues electroniques de leur s fournisseurs pour selectionner plus aisement les plus performants et leur passer commande. c'est la totalite de ses relations avec ses fournisseurs que la premiere chaine de supermarches au monde, l'americain wal-mart, conduit via le net. a lui seul wal-mart achete a la chine plus que toute la grande-bretagne. (1) ces possibilites poussent les producteurs a se concentrer sur leurs fonctions clefs - conce ption des produits, vente et financements - pour deleguer la fabrication d'elements du produit. "ce ne sont pas les couts, ce n'est pas la qualite qui sont primordiaux mais l'adequation des produits a la demande des clients qui compte" dit carlos ghosn patron de nissan et bientot de renault, qui a obtenu la meilleure rentabilite de l'industrie automobile. (2)

2123. 3 internet et les delocalisations si, dans des domaines aussi differents que le materiel electromenager, les ordinateurs ou les jouets, l'asie du sud-est est devenue a la fois un fournisseur essentiel de composants et un asse mbleur de produits finis dont d'autres composants lui sont livres, elle le d